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Une histoire récente

À la fin des années 1960, un groupe d’ornithologues régionaux (Pierre Davant, Pierre Petit, Alain Fleury et Claude Quancard), établit le constat que le bassin d’Arcachon recèle un fort potentiel pour l’accueil des oiseaux, mais que celui-ci est inopérant faute de secteurs en réserve sur ses rives. Ils proposent alors à la mairie du Teich un projet de parc ornithologique sur le modèle de celui existant au Zwin en Belgique.

La commune acquière les terrains en les échangeant contre des parcelles forestières communales, elle devient ainsi propriétaire d’une partie de son littoral. Un programme d’aménagements visant à améliorer la qualité biologique du site et son accessibilité par le public est alors lancé, le Parc ornithologique du Teich est né, il deviendra 40 années plus tard Réserve ornithologique

C’est en 1989 que l’orientation vers l’écotourisme est prise  par la nouvelle municipalité en partenariat avec le parc naturel régional  avec la création de la maison de la nature du bassin d’ArcachonLa ville du Teich est toujours propriétaire de la réserve qu’elle gère en concertation avec le Parc Naturel Régional des Landes Gascogne par le biais d’une convention bipartite.

 
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Patrimoine

Le territoire sur lequel la Réserve est installée a été conquis sur la mer par poldérisation dès la première moitié du XVIIIe siècle. Des digues d’argile ont été érigées progressivement sur les prés-salés, à la fois pour protéger le village des inondations hivernales et surtout pour installer ici une forme de pisciculture de type extensif : les réservoirs à poissons.

Ces « réservoirs » sont des plans d’eau peu profonds alimentés en eau de mer par l’intermédiaire d’écluses disposées dans la digue de ceinture. Lorsque les coefficients de marée sont élevés et que la mer est haute, les écluses sont ouvertes.

L’eau qui s’écoule alors dans les réservoirs amène aussi des myriades d’alevins de poissons nés dans le bassin ou l’océan. Empêchés de ressortir par un ingénieux système de filets, ils vont rapidement grossir à l’intérieur du domaine endigué, profitant ici d’une productivité biologique très importante due aux températures élevées, à l’absence de courant et de marées et à la prolifération du plancton, des algues et des plantes.

En quelques mois, ces poissons atteignent une taille marchande. Autrefois on les maintenait « en réserve » (d’où le nom de « réservoirs ») jusqu’aux périodes de tempêtes automnales qui contraignaient les pêcheurs à la voile et à la rame à rester au port. Durant ces phases de mauvais temps, le cours de vente du poisson augmentait, et c’était le moment choisi par les exploitants des réservoirs pour vider leurs « réserves » et les mettre sur le marché à des tarifs beaucoup plus élevés que les semaines précédentes…

Cette activité piscicole, associée à l’agriculture (tabac, pommes de terre, seigle) et à de l’élevage (moutons), a perduré jusqu’au milieu du XXe siècle, puis a périclité progressivement en raisons des coûts d’entretien des digues et des réservoirs et des importantes charges de personnel. Dans les années 60, la location du droit de chasse fournissait les plus gros revenus de ces domaines endigués. Dès les années 1970 au Teich et dans les années 1980 ailleurs sur le bassin, les premières acquisitions foncières publiques s’attachaient à préserver définitivement ces domaines endigués, partie intégrante du patrimoine régional.

De cette période de la création du site, les visiteurs de la réserve peuvent encore découvrir une maison d’éclusier ainsi qu’une bergerie. Même si certains contours en ont parfois été modifiés, les réservoirs conquis sur le bassin sont encore en place. Le principe d’ouverture cyclique des écluses est toujours utilisé pour maintenir les niveaux et la richesse biologique des plans d’eau. Mais plus de pêche miraculeuse à espérer ici, si ce n’est pour les oiseaux piscivores qui investissent les lieux en masse à la bonne saison.

 
 

110 hectares
d'espace naturel

323 espèces
observées

Avril 1972
ouverture au public

3000 heures
d'ouverture/an