Le 9 octobre 2026 , publié dans Actualités de la Réserve Actualités ornithologiques Programmes de suivis scientifiques
La campagne de fouilles archéologiques installée depuis le 21 septembre sur le Grand Site de la Dune du Pilat s’est achevée ce vendredi 9 octobre. Les équipes de la Réserve ornithologique du Teich et de la Maison de la Nature du Bassin d’Arcachon (équipement du Parc naturel régional des Landes de Gascogne) ont été invitées à découvrir le chantier avant sa fermeture, aux côtés de l’archéologue Philippe Jacques.

Le saviez-vous ?
Depuis 2005, des campagnes de fouilles sont menées tous les deux ans pour devancer l’érosion littorale et sauvegarder l’histoire des premières occupations humaines sur le littoral aquitain. La Dune du Pilat est un mille-feuille composé de différentes strates, visibles sur la face ouest. D’anciennes forêts sont venues fixer des dunes mobiles avant d’être à leur tour recouvertes par de nouvelles dunes. Les strates noires que l’on observe sur la dune correspondent à ces forêts. Appelées « paléosols », elles sont composées de restes de végétation et de sols anciens.
Zoom sur : les paléosols
Le plus ancien paléosol, à la base la dune, est le paléosol n°1. Il date de la fin de la Préhistoire (-8000 à -2000 avant notre ère). Les restes de végétaux qui y ont été trouvés témoignent d’une faible présence de pins maritimes. À cette époque, les arbres qui composaient la forêt étaient plutôt des pins sylvestres, des chênes, des noisetiers, des bouleaux et des aulnes. Un peu plus haut, dans le paléosol n°2, les archéologues ont découvert les restes d’un vase caractéristique du Premier âge du Fer. Dans le paléosol n°3, une ondulation noire visible à mi-hauteur de la dune, les fouilles ont permis d’exhumer une quarantaine de sites archéologiques datant de la fin du XVe au début du XVIIIe siècle. La dune était alors couverte de pins maritimes. L’occupation de la forêt était liée à des activités artisanales, telles que la distillation de résine ou la production de goudron végétal. Plus récent, le paléosol n°4 est le plus proche de la crête. Il renferme de nombreuses souches d’arbres et des débris de pots de résine utilisés pour le gemmage.

La forêt, des clairières et des étangs
Cet automne, la campagne de fouille s’est concentrée sur le paléosol forestier n°2, daté de la fin de l’âge de Bronze au début du Second âge du Fer, soit -1000 à -500 avant notre ère. Le paysage à cette époque était bien différent d’aujourd’hui. Il faut imaginer une forêt dressée sur un sol sableux presque entièrement plat, parsemée de clairières accolées à de petits étangs d’eau douce. Des vestiges d’habitations en bois et de sites sauniers ont été retrouvés au sein de ces clairières. Des trous de poteaux et des fosses délimitent les bâtiments. Les recherches ont montré que les populations vivaient de l’élevage et de la production de sel. Les habitants filaient la laine, pêchaient et commerçaient du rivage jusqu’à l’arrière-pays.
L’objectif de cette campagne de fouille est de préciser l’implantation des premières zones humides jusqu’à leur recouvrement par les sables dunaires. Décapée sur une centaine de mètres, la zone étudiée doit permettre de définir les contours du site saunier Pr13 et sa liaison avec la berge d’un étang découvert en 2024. Parfaitement conservé, le bois retrouvé dans les tourbes qui comblent l’étang fait l’objet d’une attention toute particulière.
Merci aux équipes de la Dune du Pilat et aux archéologues sur site lors de notre visite pour leur disponibilité et pour la qualité de leurs explications !

Pour aller plus loin :
Les campagnes de fouilles réalisées sur la Dune du Pilat viennent compléter les recherches archéologiques de nombreux autres sites. Une exposition consacrée à l’archéologie des Landes de Gascogne est à découvrir au Domaine de Certes et Graveyron, à Audenge, jusqu’au 31 août 2027.
