Le 21 septembre 2026 , publié dans Actualités de la Réserve Cycle de vie d'un oiseau
À première vue, voler dans l’obscurité présente bien des risques : visibilité réduite, difficulté à maintenir la cohésion du groupe, obstacles difficiles à anticiper… On estime pourtant que plus des deux tiers des oiseaux migrent la nuit !
Pour de nombreuses espèces, les inconvénients sont compensés par les avantages offerts par le vol de nuit : la stabilité atmosphérique (moins de courants thermiques) facilite le vol et limite la dépense énergétique, les vents sont plus faibles et les courants plus cléments, une humidité plus élevée et des températures plus douces protègent les oiseaux des coups de chaud ainsi que de la déshydratation, et la nuit offre une protection accrue contre les prédateurs. Même si certaines espèces sont capables de voyager aussi bien de jour que de nuit, chez les migrateurs nocturnes, le bilan avantages-inconvénients penche en faveur de la nuit.
Pour les espèces qui se nourrissent de jour, voyager la nuit est un choix stratégique : il permet de consacrer les heures diurnes à l’alimentation, à la reconstitution des réserves et au repos, avant de parcourir de longues distances sans interruption dans la fraîcheur de la nuit.
Pour se repérer dans le noir, les oiseaux peuvent mobiliser plusieurs systèmes d’orientation : position des étoiles, perception du champ magnétique terrestre, repères visuels ou olfactifs… La migration nocturne est le résultat d’un ensemble d’adaptations physiologiques et comportementales, façonnées par l’évolution pour maximiser les chances de survie.
La Grive musicienne, la Grive mauvis, le Merle noir, le Rougegorge familier, la Gallinule poule d’eau, la Foulque macroule, le Héron cendré, le Bihoreau gris, le Courlis cendré, la Mouette rieuse ou encore le Gobemouche noir comptent parmi les espèces les plus contactées en migration nocturne. Pour étudier leurs déplacements, les chercheurs combinent aujourd’hui plusieurs outils complémentaires. Des radars pour détecter et quantifier les flux, des enregistrements acoustiques pour identifier les cris des oiseaux en vol, des programmes de capture et de baguage ainsi que des balises GPS permettent de suivre la trajectoire des oiseaux de jour comme de nuit. Ces méthodes, associées aux observations de terrain, permettent de mieux comprendre la phénologie des espèces, l’impact du changement climatique, de la pollution lumineuse et de la transformation des habitats sur les routes migratoires.
Pour débuter dans la détection des oiseaux la nuit, découvrez les tutoriels proposés par la LPO dans le cadre du programme de sciences participatives Vol de Nuit :
✨ 🎧 👉 Vol de Nuit

Pour aller plus loin :
-🎙️Podcast Baleine sous Gravillon : « les Migrations des Oiseaux »
-📊 Suivi acoustique de la migration nocturne des oiseaux sur la presqu’île du Cap Ferret, par Adrien de Montaudouin (Sepanso)
-🎧 Enregistrements de Stanislas Wroza, co-auteur de l’ouvrage « La migration nocturne par le son » aux éditions Delachaux et Niestlé
-🧭 Comment les oiseaux migrateurs trouvent-ils leur chemin ?, Réserve ornithologique du Teich
-🌙 Mieux comprendre la migration nocturne chez les oiseaux terrestres, Tour du Valat
